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NE RIEN [entries|archive|friends|userinfo]
L. Olivier

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Chroniques du vampirisme [jan. 6e, 2009|08:17 am]

Une chambre à soi, hein. Quel bonheur de se lever à 6 heures pour écrire (après le café au lait de soya et le journal, quand même) sans avoir besoin de s'habiller puisqu'on se retrouve dans un appartement vide (il part travailler si tôt, ce cher prolétaire), un taudis, à peu près, pas beaucoup plus gros que mon cul, ancienne piquerie du centre-ville qui en a encore des allures. La fièvre est tombée et ça avance tranquillement, mais je dois avouer qu'il a fait quelque chose qui m'a coupé le sifflet : il faisait le ménage de ses papiers durant le déménagement et il m'a fait lire sa déclaration, hier, en plus de coupures de journaux à ce sujet.

Ce truc qu'il a écrit avec son avocate pour rendre compte de ce qui s'était passé... Comme quoi l'horreur qu'on imagine et qu'on veut insupportable est parfois moins pire que l'horreur réelle. Cela dit, en même temps, c'est comme si ça me force à rendre mon texte encore plus fictif, à la faire décoller davantage de la réalité, pour que ce soit quelque chose qui s'approche du littéraire, timidement et humblement, oui, mais qui s'en approche quand même, et pas un stupide compte-rendu judiciaire.

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Ça vient, ça vient, une page par jour presque. [jan. 3e, 2009|08:38 pm]

[...]

Tous les quatre nous meublions l’après-midi en fumant des cigarettes au soleil, en observant leur poésie stable, en écoutant leur crépitement. Rien n’avait remué l’air chaud depuis des heures lorsqu’une ribambelle de chiots surgit en sautillant à l’autre bout de la ruelle. Ils se chamaillaient en poussant des jappements aigus, trébuchaient, entraient en collision, se pourchassaient, fuyaient, revenaient. Ils avaient les gestes maladroits des êtres vivants en croissance. L’un deux en particulier, avec ses oreilles encore molles et tombantes, avec ses improbables pattes blanches, affectait la félicité de l’innocence qui attendrit à tout coup. Je sortis ma fronde de ma poche arrière, lui envoyai un caillou juste sur la mâchoire, il s’effondra en couinant sans plus remuer. Le soleil plombait toujours autant et je m’allumai une autre cigarette.

[...]

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(pas de sujets) [jan. 2e, 2009|01:21 pm]
Je n'avais jamais subi de grand délire de fièvre avant. Tout compte fait, c'est un trip de dope cheap, rapport qualité-prix intéressant; je vais m'arranger pour être malade plus souvent.
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(pas de sujets) [déc. 25e, 2008|08:14 pm]
Je déteste quand on me demande à quoi je pense. T'as mon cul, men, ça te tente pas de t'en contenter? Tu veux aller te foutre dans mes pensées en plus? 

Une fois lorsque je fumais sa clope postcoïtale j'ai dit à un idiot qui me posait cette question que je songeais au fait que ça avait été gracieusement horrible. Il ne m'a pas embêtée depuis.
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(pas de sujets) [déc. 24e, 2008|06:23 pm]
J'ai rêvé à l'escalier qui menait à mon appartement à Saint-Pétersbourg. La cage d'escalier en béton avec des coulisses de... trucs louches sur les murs. L'escalier dans les renfoncements duquel j'ai dû me cacher à quelques reprises. Je me souviens surtout avoir rêvé aux taches.

Putain qu'il faisait frette à Saint-Pétersbourg.
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(pas de sujets) [déc. 20e, 2008|08:11 pm]
Je resterai avec les renégats et les orphelins.
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(pas de sujets) [déc. 14e, 2008|04:40 pm]
J'ai jamais eu moins envie de participer à une lecture de poésie. Il aurait fallu que j'écrive quelque chose de bon. Autre chose que mes essais de fin de session. Il me reste un peu plus de 24 heures pour ce faire. Demain sera un massacre. (Au moins, la bière. L'avantage des lectures dans des bars.)
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(pas de sujets) [déc. 13e, 2008|12:53 am]
Parfois, je me dis que Le Devoir cite le chef intérimaire de l'ADQ juste pour se payer sa gueule : «C'est de la mécanique pour atteindre l'objectif, a-t-il déclaré hier lors d'une entrevue. Ce qu'il faut regarder, c'est toutes les choses et trouver les meilleurs mécanismes.» 

(Et c'est génial.)
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(pas de sujets) [déc. 12e, 2008|07:55 pm]
C'est bien la première fois qu'un prétendant ou une prétendante m'écrive de la poésie sans que je juge ses capacités littéraires nulles à chier. C'est génial.
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(pas de sujets) [déc. 12e, 2008|07:52 pm]
Le lait de soya d'une certaine marque mélangé à mon café me donne l'impression de boire une flaque d'eau boueuse dans un pot Mason. C'est génial.
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Entendu dans un cours aujourd'hui [déc. 1er, 2008|10:06 pm]
"Peut-être qu'il faudrait plus de poètes au parlement."

Ce à quoi je me suis empressée de répondre : "Plus de poètes, moins de parlements." (Je suis un cliché. Oh, so vachement postmoderne. On s'en sort pas.)
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(pas de sujets) [nov. 30e, 2008|07:50 pm]
Le café au lait (de soya) est au moins trois fois meilleur lorsque bu dans un pot Mason c'est beau c'est transparent sauf pour le café lui rendu opaque par le lait de soya et je me demande toujours pourquoi on prononce Masson si en fait c'est bel et bien Mason oui hein mais peu importe je n'aurai qu'à piquer de belles tasses transparentes au Presse Café et je ne me poserai plus de questions de prononciation.
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En quinze minutes [oct. 30e, 2008|10:02 pm]
On éteint tous les deux à tour de rôle le réveil sans s'en rendre compte pour ensuite se réveiller en sursaut et réaliser qu'il ne me reste que quinze minutes avant mon cours. Je saute dans mes shorts et mes souliers et sors en fourrant dans mon sac à dos la mangue entière qu'il me refile à défaut d'avoir pu me préparer un déjeuner et un dîner à apporter.

En bas, sur le trottoir, mon vélo est entouré de tas de sacs transparents : c'est le jour de la récupération. Alors que j'essaie de débarrer mon cadenas que le froid à rendu rigide, je vois, en train de fouiller dans l'amoncellement impressionnant d'emballages colorés, un super-star sculpteur reconnu pour sa manie de battre les femmes. Bof. Je le salue et on commence à jaser, il me montre les trucs qu'il a ramassés ce matin dans sa camionnette rouge et me pose des questions sur mes perçages. Puis me demande si je vais à l'École des Beaux-Arts. J'ai envie de lui répondre qu'il est out-of-date depuis plusieurs décennies déjà, mais je me contente de dire que c'était plutôt les études littéraires à l'UQÀM et que je vais être en retard à mon cours. Bonne journée.
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Dissonance cognitive [oct. 29e, 2008|08:38 pm]
Rentrer chez soi, sortir toutes les brosses à dents du pot de brosses à dents (c'est rempli, presque coincé), prendre le crayon et le bloc-notes à côté du répondeur, écrire un prénom, accompagné d'un nom de famille s'il se répète, pour chaque brosse à dent qu'on laisse tomber dans la poubelle : P., F., I., R. M., S., S. P., E., M.-C., A., L., A.-M. ...

N'en garder que la sienne et une autre, soigneusement remises à leur place, puis décrocher le combiné, ouvrir son agenda et commencer à téléphoner aux propriétaires des brosses jetées. Remplir sa semaine de rendez-vous d'une heure maximum autour d'une bière ou d'un café; savoir bien gérer ses dossiers. 
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La grande dérape [oct. 21e, 2008|07:38 am]
Voilà que se ramène d'Ottawa le pote qui m'a sauvé des flics et du coma éthylique en Russie cet été. Midday drunkenness, comme quand on sortait de nos cours à l'université de Saint-Pétersbourg à midi et qu'on allait boire tout l'après-midi. Puis toute la soirée. Puis toute la nuit jusqu'au matin puisqu'il fallait attendre que les ponts redescendent afin qu'on puisse aller s'écrouler dans mon appartement.

Alors on a remis ça, accidents de vélo parce que trop avinés, poudre avec les potes habituels, party costumé dont je ne me rappelle rien sinon que j'étais Zappa et qu'il était un viking, tête dans le cul jusqu'à plus soif, grande, grande dérape. 

Tellement que je me suis promis de ne pas boire cette semaine. Juste une semaine. Mais en sortant de la job hier après-midi, à 15 heures, je me suis rendue au bar habituel, croyant n'y boire que du café en terminant de corriger les textes de mes étudiants. Mais mon pote la barman pour qui c'était la dernière journée à Montréal payait des shooters à la ronde. Et puis bon hein juste une petite pinte. Puis le propriétaire de la place, assis avec nous au bar, m'entendant parler de ma résolution, n'a pas pu s'empêcher de dire "y'est pas lundi, cinq heures, puis déjà ça tient plus, ton affaire!" Alors pour me consoler (et pour m'encourager à garder mes bonnes habitudes), on a sorti l'ordinateur portable de dessous le comptoir et on a écrit et fait imprimer sept coupons home-made me donnant droit à une pinte par jour pendant une semaine, puis il a signé le tout.

Bref, je suis sortie avant 18 heures et j'étais déjà ivre. Bâtard.
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Léo Ferré de mon coeur [oct. 5e, 2008|10:15 pm]
Comme une fille
La rue se déshabille
Les pavés s'entassent
Et les flics qui passent
Les prennent sur la gueule
...
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Une manif par semaine, c'est la santé [oct. 5e, 2008|03:04 pm]
On est allés à la manif ensemble aujourd'hui. D'ici quelques jours il recevra un appel de la GRC et il devra expliquer à nouveau que son statut de journaliste indépendant lui permet de faire de la photographie même s'il lui est interdit de prendre part à des manifestations. À chaque fois, ça fait capoter ses colocs qui n'aiment pas trop que de la racaille comme ça téléphone chez eux.

Je n'avais pas réalisé que ça pourrait être une moyenne idée que de me faire voir avec lui. Mais il demeure un accessoire-mode tellement adéquat! Et puis, bon, depuis le temps, ça vaut même plus la peine d'être cagoulée dans les manifs; on est clairement tous fichés.

Bref, réveil brutal dans Centre-Sud, la tête dans le cul, et comme je devais rejoindre l'anarcho-comptable à ladite manif, le mec-au-nom-de-fusil et lui devaient se rencontrer, ce que j'apréhendais un peu, dois-je avouer. Ironiquement, tous deux se connaissaient pour avoir déjà fait de la musique avec le même groupe. Ça aurait pu être générateur de malaise, vraiment. Mais c'est ça qui est cool avec certains libertaires : ils comprennent aussi qu'on puisse non seulement fourrer avec plein de gens mais peut-être même en aimer plus d'un parfois.
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(pas de sujets) [oct. 4e, 2008|08:24 pm]
Ce jeune homme est un roman, c'est débile. Son prénom est en réalité la marque de la première arme que son grand-père paternel a utilisé dans la guérilla. Ça fait ça de moins à "romancer". Je me roule à terre.
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Vampirisme [oct. 3e, 2008|11:01 am]
Il parle sans arrêt comme s'il n'avait jamais partagé ça avec quiconque avant alors que c'est faux et moi ça me convient parfaitement. J'aime sa façon de prononcer "choc post-traumatique". Il parle et il parle et ce que j'entends m'est tellement inimaginable que j'ai l'impression que ça s'insère déjà dans un processus de création. Du coup je ne ressens pas de malaise à le vampiriser : mentalement, je prends des notes, et j'essaie de ne pas me laisser aller à la colère sans objet que m'inspirent ses récits puisque ça m'empêcherait de me souvenir de tout. 

Des informations d'un témoin direct, c'est précisément ce qui manquait au projet sur lequel je travaille actuellement. De la vraisemblance, du sang.

(J'aime aussi sa façon de prononcer "corazón de melón". Eh merde. Voilà plusieurs matins que je me lève avec un sourire à la con et que je lui prépare le café et, qui plus est, la vegan que je suis a quand même acheté du lait et du foutu sucre. Je suis en train de fléchir. Fucking hell.) ­
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(pas de sujets) [sep. 30e, 2008|07:17 pm]
Bordel de merde je vais manquer Nick Cave.
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